À Belém, en pleine Amazonie où se tient la COP30, le Gabon a franchi une étape importante dans sa stratégie climatique. Le gouvernement et l’organisation internationale The Nature Conservancy (TNC) ont signé une lettre d’intention lançant l’initiative « Gabon Infini », un mécanisme de financement sur dix ans destiné à garantir la protection durable des paysages essentiels au climat.
Derrière cette annonce, un enjeu central : comment financer, sur le long terme, la conservation des forêts, de l’eau et des océans, tout en améliorant la vie des communautés qui en dépendent ?
Pourquoi cette initiative est importante
Le Gabon est l’un des pays les plus forestiers du monde : près de 89 % du territoire est recouvert de forêts tropicales.
Ces écosystèmes abritent :
- plus de la moitié des éléphants de forêt d’Afrique,
- un quart des gorilles des plaines de l’Ouest,
- d’immenses puits de carbone qui absorbent plus de CO₂ que le pays n’en émet.
Protéger ces forêts n’est pas seulement un devoir écologique : c’est un enjeu économique, un rempart contre le changement climatique et une source d’opportunités pour les communautés locales.
D’où vient le financement ?
L’initiative « Gabon Infini » est soutenue par Enduring Earth, un partenariat mondial pour les financements de conservation à long terme.
Elle prévoit :
- 94 millions de dollars venant de donateurs internationaux (Fonds pour l’environnement mondial, Bezos Earth Fund, etc.),
- 86 millions de dollars de financement public gabonais sur dix ans.
Ce modèle, appelé PFP – Project Finance for Permanence, vise à sécuriser sur le long terme les budgets nécessaires à la conservation, afin d’éviter les interruptions fréquentes qui affaiblissent les programmes environnementaux.
Un projet construit avec les communautés
Ce plan est le résultat de plus d’un an de travail entre :
- les institutions publiques,
- les ONG nationales,
- les communautés locales.
L’objectif est clair : passer d’une économie dépendante des ressources extractives à une économie fondée sur la nature.
Cela signifie investir dans :
- l’écotourisme,
- l’agriculture durable,
- les entreprises communautaires,
- la gestion des aires protégées,
- la protection des zones côtières vulnérables à l’érosion ou aux inondations.
Maurice Ntossui Allogo souligne :
« Ce financement garantit l’avenir de nos écosystèmes vitaux et soutient directement des moyens de subsistance durables pour nos communautés. »
🌍 Des résultats attendus pour la population
Le plan vise des impacts concrets :
100 000 personnes verront leurs conditions de vie améliorées
Grâce à des projets communautaires liés à la conservation et au développement durable.
3,4 millions d’hectares de forêts supplémentaires protégés
En plus du renforcement de la gestion de 3,9 millions d’hectares déjà protégés.
Protection de 400 000 hectares de zones humides
Des espaces essentiels pour l’eau potable, la biodiversité et la régulation des inondations.
Préservation de 6 millions d’hectares d’océan
Un enjeu crucial pour les pêcheries locales et la sécurité alimentaire.
Soutien contre les risques climatiques
Notamment l’érosion côtière, qui menace déjà plusieurs villages du littoral.
Une reconnaissance internationale
Pour Jennifer Morris, directrice générale de TNC :
« Le Gabon offre au monde un trésor écologique unique. Soutenir sa vision ambitieuse est une responsabilité collective. »
The Nature Conservancy voit dans « Gabon Infini » un modèle exportable : une manière de garantir la protection des forêts tropicales sur plusieurs décennies grâce à un financement stable.
En quoi cela concerne les citoyens gabonais ?
Cette initiative n’est pas seulement un accord international.
Elle peut changer la vie quotidienne :
- plus d’opportunités économiques locales,
- plus d’emplois durables,
- des écosystèmes qui protègent les villages et les villes,
- un pays qui préserve sa richesse naturelle tout en développant une économie résiliente.
Garder les forêts intactes, c’est garder un avenir solide.
« Gabon Infini » vise exactement cela : protéger aujourd’hui pour sécuriser demain.


