Traçabilité du bois au Gabon : où en est réellement le Système National de Traçabilité du Bois ?

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Le Gabon veut mieux contrôler sa filière forestière. Au cœur de cette stratégie : le Système National de Traçabilité du Bois du Gabon (SNTBG), un dispositif présenté comme l’un des piliers de la lutte contre l’exploitation illégale et de la modernisation du secteur forestier.

Mais plusieurs années après son lancement, une question demeure : où en est réellement sa mise en œuvre et quels résultats produit-il concrètement ?

Un outil conçu pour suivre le bois de la forêt jusqu’au port

Le principe du SNTBG est simple : attribuer une identité traçable au bois exploité au Gabon afin de suivre son parcours à chaque étape :

  • abattage,
  • transport,
  • transformation,
  • exportation.

L’objectif est double :

  1. garantir l’origine légale du bois gabonais ;
  2. améliorer la transparence de toute la chaîne forestière.

Dans un contexte international marqué par des réglementations de plus en plus strictes, notamment en Europe, aux États-Unis et en Asie, la traçabilité devient un élément stratégique pour accéder aux marchés internationaux.

Pourquoi le Gabon a accéléré ce chantier

Le secteur forestier représente l’un des principaux piliers économiques du pays après le pétrole et le manganèse.

Mais pendant longtemps, la filière a souffert de plusieurs difficultés :

  • exploitation illégale,
  • faiblesse des contrôles,
  • manque de visibilité sur les volumes réellement exploités,
  • pertes fiscales pour l’État.

Le SNTBG a donc été pensé comme un moyen de renforcer la gouvernance forestière tout en améliorant la crédibilité du bois gabonais sur le marché mondial.

Comment fonctionne le système

Le dispositif repose sur des outils numériques et des mécanismes d’identification physique du bois. Chaque grume exploitée reçoit un identifiant permettant de suivre son déplacement. Les informations sont ensuite centralisées dans une base de données accessible aux autorités compétentes.

Le système implique plusieurs acteurs :

  • entreprises forestières,
  • administration des Eaux et Forêts,
  • services douaniers,
  • transporteurs,
  • unités de transformation.

L’objectif est de limiter les manipulations frauduleuses et de rendre les contrôles plus efficaces.

Une mise en œuvre progressive sur le terrain

L’application du SNTBG s’est faite progressivement, avec des phases pilotes avant son extension à l’ensemble du territoire forestier. Plusieurs opérateurs forestiers ont déjà intégré le système dans leurs procédures, notamment dans les zones d’exploitation industrielle destinées à l’exportation.

Les autorités ont également renforcé :

  • les contrôles numériques,
  • les exigences documentaires,
  • les mécanismes de vérification lors des exportations.

Cependant, la généralisation complète du système reste un défi, notamment dans les zones éloignées où les infrastructures et la connectivité restent limitées.

Quels résultats jusqu’à présent ?

Même si les chiffres officiels détaillés restent encore limités, plusieurs effets commencent à apparaître :

1. Une meilleure visibilité sur les flux de bois

Le système permet de mieux identifier les volumes exploités et transportés.

2. Une pression accrue sur l’exploitation illégale

La traçabilité rend plus difficile l’introduction de bois d’origine douteuse dans les circuits officiels.

3. Une crédibilité renforcée auprès des partenaires internationaux

Le Gabon améliore progressivement son image de fournisseur de bois légal et durable.

4. Une modernisation de la gouvernance forestière

Le secteur évolue vers une gestion davantage basée sur les données et les contrôles numériques.

Les limites et défis persistants

Malgré les avancées, plusieurs difficultés demeurent :

  • coûts d’implémentation pour certaines entreprises,
  • besoin de formation des acteurs,
  • problèmes logistiques dans certaines zones forestières,
  • risques de fraude en dehors des circuits officiels.

Le succès du système dépendra donc de sa capacité à être appliqué de manière homogène sur l’ensemble du territoire.

Pourquoi ce système est devenu stratégique

Aujourd’hui, la question n’est plus seulement de produire du bois, mais de pouvoir prouver son origine légale. Dans un marché mondial où les exigences environnementales se renforcent, les pays incapables d’assurer la traçabilité risquent :

  • des restrictions commerciales,
  • une perte de compétitivité,
  • une défiance des acheteurs internationaux.

Pour le Gabon, le SNTBG est donc bien plus qu’un outil administratif : il devient un instrument de souveraineté économique et environnementale.

Ce qu’il faut retenir

Le Système National de Traçabilité du Bois du Gabon marque une transformation importante de la filière forestière gabonaise. Son ambition est claire : faire du bois gabonais un produit reconnu pour sa légalité et sa durabilité.

Mais la réussite du projet dépendra désormais d’un facteur essentiel :
la capacité à transformer la traçabilité numérique en contrôle réel sur le terrain.

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