Gabon : un nouveau rapport de la Banque mondiale alerte sur l’urgence d’adapter le pays aux risques climatiques

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« L’adaptation n’est pas un coût, mais un investissement dans l’avenir du Gabon. » — Aïssatou Diallo, Banque mondiale

Le tout nouveau Country Climate and Development Report (CCDR) du Gabon, publié ce jour, confirme la position singulière du pays : l’un des territoires les plus forestiers au monde, mais aussi l’un des plus vulnérables face aux impacts du changement climatique. Le document trace les réformes prioritaires pour renforcer la résilience, diversifier l’économie et protéger les communautés les plus exposées.

Le rapport analyse en profondeur l’intersection entre les risques climatiques et les priorités nationales. Il propose des trajectoires concrètes pour un développement durable, inclusif et résilient dans un contexte de pressions climatiques grandissantes.

Cheick F. Kanté, Directeur régional de la Banque mondiale pour l’Afrique centrale, rappelle l’importance stratégique du pays : « Gabon stands at the forefront of climate leadership in Africa… » Selon lui, la gestion durable des forêts, l’amélioration de la santé, la sécurisation des moyens de subsistance et la création d’opportunités pour les jeunes générations constituent des leviers clés pour un avenir plus robuste.

Un leadership climatique fragilisé par la dépendance au pétrole

Malgré son statut de puits de carbone net, grâce à des forêts qui absorbent davantage de CO₂ que le pays n’en émet, le Gabon reste économiquement dépendant des hydrocarbures. Cette vulnérabilité s’accentue sous l’effet :

  • des transitions mondiales vers la décarbonation,
  • de la volatilité des marchés pétroliers,
  • des impacts climatiques croissants.

Parmi les menaces identifiées : hausse des températures, variabilité des pluies, inondations plus fréquentes et érosion côtière, notamment dans les zones urbaines et littorales.

Des pertes économiques majeures sans adaptation

Le CCDR chiffre les risques de manière claire :

  • 3,5 à 5,3 % de pertes annuelles de PIB d’ici 2050 sans adaptation,
  • 3,1 à 4,8 % même dans un scénario de réformes,
  • baisse de productivité liée au stress thermique,
  • forte diminution attendue des rendements agricoles,
  • hausse des dommages sur les infrastructures,
  • augmentation des maladies sensibles au climat (malaria, infections hydriques),
  • risque de hausse de la pauvreté de près de 2 points d’ici 2050 dans un scénario climatique sévère.

Le rapport est catégorique : l’expansion économique seule ne suffira pas. L’adaptation devient une nécessité vitale.

Trois priorités pour un développement résilient

1. Infrastructures et cadre bâti

  • Étendre l’accès à une énergie fiable et abordable.
  • Mieux gérer les ressources en eau et renforcer les systèmes anti-inondations.
  • Intégrer les risques climatiques dans la planification urbaine, surtout à Libreville et Port-Gentil.
  • Améliorer la résilience des bâtiments et infrastructures publiques.

2. Capital naturel et gestion durable des terres

  • Maintenir le statut de puits de carbone grâce à une foresterie durable.
  • Promouvoir une agriculture intelligente face au climat.
  • Protéger la biodiversité pour sauvegarder les services écosystémiques.
  • Renforcer la gouvernance foncière pour limiter la dégradation.

3. Capital humain et protection sociale

  • Renforcer les systèmes de santé pour lutter contre les maladies liées au climat.
  • Construire des écoles résilientes et adaptées aux aléas.
  • Étendre les programmes de protection sociale pour soutenir les ménages durant les chocs climatiques.

Transformer la résilience en moteur de croissance

Pour Aïssatou Diallo, Représentante résidente de la Banque mondiale au Gabon, l’équation est claire : « With sound fiscal management… resilience can become a driver of competitiveness and long-term growth. »
Autrement dit, l’adaptation représente une opportunité économique autant qu’une nécessité environnementale.

En capitalisant sur ses forêts, son capital naturel et sa gouvernance climatique, le Gabon peut consolider son rôle de leader mondial des solutions climatiques — et faire de la résilience un véritable facteur de prospérité durable.

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