À Port-Gentil, le Gabon intensifie sa lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). Du 1er au 5 juin 2026, 17 agents issus de la Direction générale des pêches et de l’aquaculture (DGPA), de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) et de la Gendarmerie nautique ont suivi une formation de renforcement des capacités avec l’appui de l’ONG WildAid.
Mieux contrôler un littoral sous pression
Dans un contexte où les ressources marines sont de plus en plus sollicitées, les autorités gabonaises cherchent à renforcer la surveillance du littoral.
La formation a porté sur plusieurs aspects essentiels :
- procédures de contrôle en mer,
- inspection des embarcations,
- collecte de preuves,
- cadre juridique des infractions liées à la pêche.
L’enjeu est d’harmoniser les pratiques entre les différentes administrations impliquées dans la surveillance maritime.
Du terrain pour tester les compétences
Après deux jours de théorie, les participants ont été déployés en situation réelle autour de Port-Gentil. Plus de cinquante pirogues ont été inspectées lors des opérations de contrôle.
Ces interventions ont permis de constater plusieurs infractions récurrentes :
- absence d’autorisations de pêche,
- utilisation d’engins interdits,
- activités dans des zones protégées,
- capture d’espèces protégées.
Des espèces protégées au cœur des infractions
Les contrôles ont également révélé des cas préoccupants sur le plan environnemental.
Parmi les saisies effectuées :
- plus de 244 raies, dont plusieurs espèces protégées,
- une tortue verte retrouvée parmi les captures illégales.
Ces résultats rappellent la pression exercée sur certaines espèces marines et la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle et de dissuasion.
Vers une surveillance maritime plus structurée
Face à ces constats, les autorités estiment indispensable de renforcer les capacités opérationnelles sur le terrain afin de :
- protéger la biodiversité marine,
- garantir une exploitation durable des ressources,
- lutter efficacement contre la pêche illégale.
La coordination entre les différentes institutions — DGPA, ANPN, forces de sécurité et partenaires techniques — apparaît comme un levier central.
Une priorité stratégique pour l’économie bleue
Pour le ministère de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de gouvernance durable des ressources marines.
Le ministre Aimé Martial Massamba a appelé à une mobilisation collective impliquant :
- administrations publiques,
- professionnels du secteur,
- partenaires techniques,
- citoyens.
Un enjeu environnemental et économique
Au-delà des infractions constatées, la pêche illégale représente un défi majeur pour le Gabon :
- perte de ressources naturelles,
- fragilisation des écosystèmes marins,
- menace sur la sécurité alimentaire,
- impact économique sur la filière légale.
Cette formation à Port-Gentil illustre une réalité de plus en plus visible : la protection des ressources marines ne dépend pas uniquement des lois, mais de leur application effective sur le terrain.
En renforçant les capacités de ses agents, le Gabon cherche à franchir une étape clé : passer d’un cadre réglementaire à une surveillance réellement opérationnelle de ses eaux.


