La pêche artisanale nourrit des milliers de familles au Gabon. Elle fait vivre des communautés entières, alimente les marchés locaux et reste un pilier du tissu économique côtier. Mais la pression sur les ressources marines augmente, et la survie de certaines espèces devient critique.
C’est pour répondre à cette urgence que WildAid, en partenariat avec le ministère de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, a lancé une campagne de sensibilisation destinée aux pêcheurs artisanaux. Trois ateliers ont déjà eu lieu à Coco-Beach, Libreville et Kango, sur un total de six prévus.
Pourquoi cette campagne ?
Parce que les règles évoluent, les pratiques changent et les risques de surexploitation augmentent.
Pour de nombreux pêcheurs, la réglementation reste complexe ou insuffisamment connue. Or, mal appliquer ces règles, c’est mettre en danger :
- la durabilité des stocks,
- les espèces menacées,
- et l’équilibre écologique du littoral.
L’objectif des ateliers est simple : clarifier, expliquer et accompagner, afin que la pêche artisanale reste durable et viable.
Ce que les pêcheurs apprennent concrètement
Lors des sessions, plusieurs thèmes ont été abordés :
- Les engins de pêche autorisés et ceux qui sont interdits,
- Les zones réglementées et les périodes de fermeture,
- Les règles à respecter lors des inspections,
- Le rôle des aires marines protégées,
- Et surtout, la conduite à adopter face aux captures accidentelles d’espèces menacées.
Parmi ces espèces figurent les tortues marines, les lamantins ou les mérous Goliath — des animaux clés pour la santé des écosystèmes. Toute capture accidentelle doit être relâchée immédiatement, un geste qui peut faire la différence entre sauvegarde et disparition.
Une approche participative
Ces rencontres ne sont pas seulement descendantes. Elles permettent aux pêcheurs d’exprimer leurs préoccupations, de signaler les difficultés du terrain et de proposer des améliorations. Pour renforcer cette dynamique, les organisateurs ont annoncé la création prochaine d’une ligne téléphonique gratuite et anonyme destinée au signalement des infractions liées à la pêche. Une mesure qui vise à responsabiliser sans punir, et à impliquer davantage les communautés dans la protection des ressources.
Et maintenant ?
La campagne se poursuit la semaine prochaine dans l’Ogooué-Maritime, avec des ateliers programmés à Omboué, Olendé et Port-Gentil. Ces sessions sont appuyées financièrement par l’ambassade des États-Unis au Gabon, signe d’un intérêt international pour la préservation des écosystèmes marins gabonais.
Ce qu’il faut retenir
La pêche artisanale peut rester une activité prospère si elle s’adapte. La sensibilisation n’est pas un luxe : c’est une condition pour garantir que les océans gabonais continuent de nourrir, de faire vivre et de protéger.
Protéger les espèces marines aujourd’hui, c’est protéger l’avenir des communautés côtières.


