Le Gabon vient d’écrire une nouvelle page de sa transition écologique. Les 12 et 13 novembre, les membres du Comité de Pilotage des Obligations Bleues se sont réunis à Libreville pour adopter la feuille de route 2026 et valider les premiers projets financés par ce mécanisme innovant.
Cette rencontre, présidée par la ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie Bleue, Laurence Ndong, ouvre une étape décisive : le passage des engagements aux actions concrètes.
Un outil financier au service de la mer
Lancé en 2024, le dispositif des Obligations Bleues permet au Gabon de convertir une partie de sa dette en financements dédiés à :
- la conservation marine,
- la pêche durable,
- l’économie bleue et les filières maritimes émergentes,
- la gestion durable des ressources halieutiques.
Il s’agit d’un modèle déjà adopté par quelques pays pionniers dans le monde — et que le Gabon est en train d’adapter à ses propres priorités. Pour Laurence Ndong, la démarche est stratégique :
« L’économie bleue n’est pas un slogan. C’est un pilier de souveraineté, un levier de croissance et un engagement envers les générations futures. »
Avec 800 km de côtes et l’un des réseaux d’aires marines protégées les plus vastes du continent, le Gabon s’appuie sur une base naturelle exceptionnelle. Les Obligations Bleues doivent désormais en garantir la préservation et la valorisation économique.
Une gouvernance structurée autour des acteurs clés
Le COPIL réunit l’ensemble des institutions chargées de piloter la stratégie maritime :
- Présidence de la République (Département Mer, Pêche et Économie Bleue)
- Conseil National de la Mer
- ANPN
- The Nature Conservancy (TNC), partenaire technique international
- Fonds de Préservation de la Biodiversité du Gabon (FPBG)
Cette approche multisectorielle assure une cohérence entre ambition politique, expertise technique et impératifs de conservation.
Deux décisions majeures pour 2026
1. Adoption de la Feuille de Route 2026
Elle fixe les priorités pour l’année à venir, notamment :
- intensifier la surveillance maritime,
- encadrer la pêche artisanale et industrielle,
- développer l’aquaculture durable,
- valoriser les aires marines protégées,
- renforcer le système de financement des Obligations Bleues.
Autrement dit : mieux protéger, mieux gérer, mieux valoriser.
2. Validation des premiers projets financés
Les premières initiatives soutenues dès 2026 concernent :
- la pêche durable,
- l’aquaculture écologique,
- la recherche et la valorisation des écosystèmes marins,
- des projets à fort impact social dans les communautés côtières.
Des projets concrets, sélectionnés pour leur capacité à créer de la valeur tout en préservant les écosystèmes.
Un pays qui innove et qui montre la voie
En validant cette première série de projets, le Gabon s’impose comme un pionnier africain dans l’innovation financière liée à l’environnement.L’approche repose sur un principe simple : utiliser les mécanismes économiques modernes pour financer la protection des océans. Dans un contexte où les pays du Bassin du Congo cherchent à diversifier leurs économies, le Gabon propose un modèle conciliant :
- attractivité économique,
- gestion durable,
- valorisation intelligente du capital naturel.
Ce que cela change pour les Gabonais
La mise en œuvre des Obligations Bleues en 2026 devrait permettre :
- une meilleure protection des stocks de poissons,
- plus d’opportunités dans les métiers de la mer,
- des activités économiques nouvelles (écotourisme, aquaculture durable),
- un suivi scientifique renforcé de l’océan gabonais.
Au-delà des chiffres, c’est une vision qui se met en place : une économie bleue qui protège, qui crée des emplois et qui prépare l’avenir. Avec l’adoption de sa feuille de route et la validation des premiers projets, le Gabon passe de la stratégie à l’action. L’économie bleue entre dans sa phase opérationnelle — et elle pourrait devenir l’un des moteurs les plus prometteurs de la croissance verte gabonaise.


