Ce que révèle la 18ᵉ Réunion de l’équipe multidisciplinaire de la FAO à Libreville
Alors que la COP30 se déroule à Belém, une autre rencontre stratégique s’est ouverte à Libreville : la 18ᵉ Réunion multidisciplinaire (MDT) de la FAO pour l’Afrique centrale. Thème central : « Résilience climatique et gestion durable des ressources naturelles ».
Derrière les discours institutionnels, une réalité claire : les fleuves, les forêts, les sols et les ressources partagées de la région sont sous pression, et aucun pays ne peut y faire face seul.
Pourquoi cette réunion est importante
L’Afrique centrale partage des écosystèmes d’une importance mondiale :
- Le bassin du Congo : deuxième poumon vert de la planète.
- Le Lac Tchad : essentiel à la survie de millions de personnes.
- Les grands fleuves transfrontaliers : Ogooué, Congo, Chari…
Ces systèmes sont aujourd’hui menacés par :
- des saisons agricoles de plus en plus imprévisibles,
- la déforestation,
- la dégradation des sols,
- la pollution et la raréfaction de l’eau,
- la perte accélérée de biodiversité.
Pour Athman Mravili (FAO), l’enjeu est clair :
« L’urgence d’agir collectivement n’a jamais été aussi forte. »
Et ce message résonne avec les cadres internationaux majeurs : ODD 2030, Agenda 2063, COP30, stratégies biodiversité, engagements climat (CDN/NDC).
Cinq défis qui mettent la région sous tension
La réunion aborde directement les phénomènes qui fragilisent la vie quotidienne des populations :
1) Saisons agricoles imprévisibles
La modification du régime des pluies perturbe les semis, réduit les rendements et accentue l’insécurité alimentaire.
2) Sols qui s’appauvrissent
Déforestation, brûlis, cultures non adaptées : les terres perdent leur fertilité, les récoltes suivent la même tendance.
3) Eau rare ou polluée
Une menace pour l’agriculture, la santé publique et les écosystèmes.
4) Forêts sous pression
Exploitation illégale, activités humaines croissantes : même les zones les plus denses du bassin du Congo sont touchées.
5) Biodiversité en chute
Moins de diversité = systèmes agroécologiques moins résilients, donc plus fragiles face aux chocs climatiques.
Ces défis se traduisent concrètement par :
– malnutrition
– baisse de productivité
– vulnérabilité socio-économique
– migrations rurales
– perte de revenus agricoles
Construire une réponse collective : États, scientifiques, société civile, secteur privé
L’agenda de Libreville est construit autour de sessions plénières et de tables rondes regroupant :
- gouvernements,
- chercheurs,
- ONG,
- universités,
- communautés rurales,
- acteurs privés,
- agences de financement.
Au cœur des discussions :
- identifier les impacts climatiques,
- partager les expériences d’adaptation,
- mutualiser les données scientifiques,
- créer des solutions locales reproductibles,
- intégrer les femmes et les jeunes dans les systèmes de décision.
Jacob Kotcho Bongnaha (CEEAC) insiste sur un point clé :
« Sans gouvernance environnementale inclusive, pas de résilience possible. »
Ce que cette réunion peut changer concrètement
À la fin des travaux, plusieurs résultats sont attendus :
Une déclaration commune d’Afrique centrale sur la résilience climatique
Une position coordonnée face aux partenaires internationaux.
Des recommandations politiques destinées aux gouvernements
Pour aligner législation, pratiques agricoles et stratégies de conservation.
Un plan d’action sous-régional
Avec des actions chiffrées et un suivi prévu.
Une montée en puissance de l’agriculture durable
Comme le résume Aline Sylvie Minko-mi-Etoua :
« Produire mieux et bien, durablement, équitablement, et recycler intelligemment. »
Pourquoi cela concerne directement les citoyens
Parce que derrière cette réunion se joue :
- la qualité de la nourriture disponible demain,
- la stabilité des revenus agricoles,
- la protection contre les inondations et l’érosion,
- la préservation des forêts qui absorbent le CO₂,
- la disponibilité en eau potable,
- la sécurité économique des familles rurales.
En bref :
la capacité de l’Afrique centrale à offrir un avenir viable à ses populations malgré le changement climatique.


