Biodiversité : Setrag, Comilog et Conservation Justice scellent deux accords stratégiques pour un développement plus responsable

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Dans la dynamique de la vision présidentielle « Bâtir un Gabon Nouveau », la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag), la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog) et l’ONG Conservation Justice ont franchi une étape significative dans l’intégration de la biodiversité au cœur des activités économiques. Ce jeudi 15 janvier 2026, les trois partenaires ont signé deux conventions majeures dédiées à la lutte contre le braconnage et à la réduction des conflits homme-faune, notamment les collisions ferroviaires impliquant des éléphants.

Ces engagements s’inscrivent également dans les orientations du Programme national de croissance et de développement (PNCD), qui ambitionne de concilier exploitation des ressources, sécurité des populations et préservation du capital naturel, pilier stratégique de l’économie verte gabonaise.

Conservation et développement : un équilibre sous surveillance

Présidant la cérémonie, le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement et du Climat, chargé du Conflit Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogo, a rappelé que la conservation ne saurait être déconnectée des réalités socio-économiques.

« Il ne s’agit pas de protéger pour protéger, mais de produire des résultats mesurables », a-t-il souligné, évoquant la recrudescence des collisions entre trains et éléphants le long du corridor ferroviaire. Pour la tutelle, ces conventions devront se traduire par moins de pertes fauniques, moins de conflits avec les populations et un recul tangible de l’exploitation illégale des ressources naturelles. Un message clair : les financements engagés seront jugés à l’aune de leur efficacité sur le terrain.

Des engagements financiers conséquents

Directeur général de la Setrag, Christian Magni a détaillé la portée opérationnelle des accords signés. La première convention, conclue avec le ministère et Conservation Justice, prévoit un investissement de 283 millions de FCFA sur cinq ans pour renforcer la lutte contre le braconnage et le trafic de produits fauniques le long du réseau ferroviaire.

La seconde, signée avec le ministère et la Comilog, mobilise 400 millions de FCFA pour réduire les collisions entre trains et grande faune, en particulier les éléphants, dont les déplacements traversent des zones à haute valeur écologique.

« Notre ligne ferroviaire traverse des écosystèmes sensibles. Nous avons la responsabilité d’agir pour limiter notre empreinte et sécuriser à la fois la faune et les usagers », a déclaré le dirigeant, affirmant l’engagement du groupe en faveur d’un développement durable plus concret.

La biodiversité, levier de résilience climatique

Pour Luc Mathot, directeur exécutif de Conservation Justice, l’entrée de la Setrag et de la Comilog dans le cercle des partenaires actifs de la protection de la faune constitue un signal fort. Il a rappelé que la biodiversité gabonaise ne se limite pas à un enjeu de conservation, mais représente un atout stratégique pour la résilience climatique mondiale.

Selon l’ONG, les forêts gabonaises captent des volumes de carbone équivalents aux émissions de dizaines de millions de véhicules, renforçant la position du pays comme acteur clé dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Dans le cadre des conventions, Conservation Justice prévoit des programmes de formation à destination des agents de l’État, du personnel de la Setrag et de la police ferroviaire, en partenariat avec l’ANPN, afin d’améliorer la surveillance et l’application des lois environnementales.

« Seul, on va vite. Ensemble, on va loin », a conclu Luc Mathot, insistant sur la nécessité d’une action collective et coordonnée.

Des partenariats attendus au tournant

Pour Eco-Gabon, ces accords illustrent une évolution notable : la prise en compte croissante de la biodiversité dans les projets industriels structurants. Reste désormais à transformer ces engagements financiers en résultats tangibles sur le terrain, dans un pays où la cohabitation entre infrastructures, faune sauvage et populations demeure un défi quotidien.

À l’heure où le Gabon ambitionne de bâtir une croissance verte crédible, ces conventions seront un test grandeur nature de la capacité des partenariats public-privé à protéger efficacement le vivant, tout en soutenant le développement économique.

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