Le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement et du Climat, Maurice Ntossui Allogo, a annoncé plusieurs mesures destinées à régulariser la situation administrative des nombreux jeunes Gabonais formés à l’École nationale des Eaux et Forêts (ENEF).
Entre 2018 et 2024, l’établissement a en effet recruté et formé plus de 900 auditeurs libres, admis sur étude de dossier. Longtemps dans l’attente d’une reconnaissance officielle, ces jeunes diplômés sont aujourd’hui au centre d’un processus de régularisation engagé par les autorités.
L’objectif affiché par le ministère est double : mettre fin à une situation de précarité institutionnelle et renforcer les ressources humaines d’un secteur clé pour la gestion durable des forêts et de la biodiversité.
Un processus de régularisation en deux phases
Selon le ministre, l’opération se déroule en deux étapes.
La première phase concerne environ 350 candidats dont le processus administratif est désormais à son stade final. « Nous sommes à l’étape finale du processus. D’ici la fin de ce mois ou au début du mois prochain, ces personnels seront présentés au drapeau et prêteront serment », a indiqué Maurice Ntossui Allogo.
Une seconde vague de régularisation est également en préparation. Les candidats concernés ont déjà franchi les enquêtes de moralité ainsi que les examens médicaux. Leur formation devrait débuter avant la fin des 100 premiers jours du gouvernement, signe d’une volonté d’accélérer la mise en œuvre des engagements pris.
Environ 200 écogardes bientôt intégrés à la fonction publique
Autre annonce majeure : l’intégration prochaine d’environ 200 écogardes dans la fonction publique.
Déjà engagés sur le terrain, ces agents chargés de la surveillance des aires protégées devraient désormais bénéficier d’un statut paramilitaire, renforçant leur cadre juridique et leur stabilité professionnelle.
Cette évolution concerne directement les activités menées dans les parcs nationaux gérés par l’Agence Nationale des Parcs Nationaux (ANPN), notamment dans la lutte contre le braconnage et la protection de la faune sauvage.
Un recrutement ciblé pour les aires protégées
Au-delà de la régularisation des effectifs existants, le ministère prévoit également un recrutement national progressif destiné à renforcer les équipes opérant dans les aires protégées.
Le processus devrait être conduit province par province et parc national par parc national, afin d’adapter les profils recrutés aux besoins spécifiques de chaque territoire et aux réalités écologiques locales.
Selon les autorités, cette approche pragmatique vise à améliorer l’efficacité de la gestion des écosystèmes et à renforcer la présence de l’État dans les zones forestières sensibles.
Vers un encadrement plus strict de la chasse villageoise
Le gouvernement souhaite également réformer l’encadrement de la chasse en milieu rural, une activité largement pratiquée dans certaines communautés.
Les détenteurs d’armes devront désormais se soumettre à une procédure de régularisation, incluant l’obtention d’un permis de port d’armes et d’un permis de chasse. À terme, seuls les chasseurs officiellement agréés seront autorisés à exercer.
Pour l’exécutif, l’enjeu consiste à concilier préservation de la faune sauvage et reconnaissance des pratiques traditionnelles, tout en renforçant la lutte contre le braconnage.
Structurer un secteur stratégique
À travers ces différentes annonces, le ministère des Eaux et Forêts amorce une réorganisation progressive du secteur. Régularisation des ressources humaines, intégration des écogardes, renforcement des effectifs dans les parcs nationaux et encadrement des activités de chasse constituent les principaux axes de cette réforme.
Si leur mise en œuvre effective sera déterminante, ces mesures pourraient contribuer à renforcer la politique de protection de la biodiversité et la gestion durable du patrimoine forestier du Gabon, dans un contexte où les tensions entre l’homme et la faune restent croissantes dans plusieurs régions du pays.


