« Les sommes collectées seront reversées au Trésor Public pour financer la souveraineté alimentaire, la transition énergétique et la protection environnementale. » — Ministère de l’Économie
La Contribution Souveraine Carbone, intégrée au projet de loi de finances 2026 avec un effet rétroactif sur 2025, s’impose comme l’un des outils centraux de l’Initiative Souveraine Carbone. Obligatoire pour les secteurs aérien et maritime, cette taxe environnementale vise à renforcer l’autonomie écologique du pays tout en valorisant son rôle de puits de carbone à l’échelle internationale.
Dans son communiqué du 18 novembre 2025, le ministre de l’Économie, Henri-Claude Oyima, officialise la mise en œuvre de cette nouvelle fiscalité destinée à soutenir les engagements climatiques du Gabon. Elle s’inscrit dans un cap stratégique : réduire de 50 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et maintenir la neutralité carbone au-delà de 2050.
Des chiffres clés révélateurs du potentiel gabonais
- 88 % : part du territoire couverte par la forêt.
- 100 millions de tonnes nettes de CO₂ absorbées chaque année.
- 90 milliards FCFA de recettes attendues grâce à la Contribution Souveraine Carbone.
- Objectif : -50 % d’émissions de GES d’ici 2030.
Avec une telle capacité d’absorption, le Gabon entend consolider sa position de leader africain des solutions fondées sur la nature.
Un dispositif structurant pour les opérateurs
Les entreprises concernées devront déclarer leurs émissions dans le Registre Carbone Souverain Gabonais (Africa Sovereign Carbon Registry) et acquérir des crédits carbone pour compenser une partie de leur empreinte.
La priorité sera donnée aux projets certifiés et développés localement :
- initiatives de reboisement,
- programmes de restauration écologique,
- investissements dans les énergies renouvelables.
Cette logique vise à ancrer une économie bas carbone fondée sur la valorisation des ressources naturelles nationales.
Une transition financée par une fiscalité verte
Selon les modalités communiquées par l’AGADEV, les paiements devront être effectués avant le 31 décembre 2025 pour éviter toute pénalité. Les fonds collectés seront intégralement reversés au Trésor public pour financer :
- des programmes de souveraineté alimentaire,
- des projets de transition énergétique,
- des actions de protection environnementale.
Un fondement juridique solide malgré des interrogations
Reposant sur :
- l’article 94 de la Constitution,
- l’article 2 du Code général des impôts,
- les articles 159 et 160 de la loi sur la protection de l’environnement,
la Contribution Souveraine Carbone est actuellement inscrite au projet de loi de finances 2026, en examen au Parlement.
Si sa rétroactivité sur 2025 suscite des questions, le gouvernement assume cette décision au nom de l’urgence climatique et de la nécessité de mobiliser rapidement des ressources pour accélérer la transition écologique.


