COP30 à Belém : le Gabon plaide pour une gouvernance climatique plus juste

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Depuis le cœur de l’Amazonie, le Gabon appelle à une réforme du système mondial face aux défis du climat.


Ouverte le 6 novembre 2025 à Belém, au Brésil, la COP30 marque un tournant historique dans la gouvernance climatique mondiale. Représentant le président Brice Clotaire Oligui Nguema, le ministre de l’Environnement, Mays Mouissi, a porté la voix du Gabon lors du Sommet des Leaders, appelant à un multilatéralisme climatique renouvelé et équitable.


Trois bassins, un même combat

« L’Amazonie, le Bassin du Congo et le Borneo-Mékong forment ensemble un grand parc climatique indispensable à l’équilibre de notre planète », a déclaré Mays Mouissi, saluant l’engagement du président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva.
Pour le ministre, protéger les forêts tropicales n’est pas un choix politique, mais une nécessité vitale pour l’humanité.

Ces trois bassins abritent à eux seuls plus de la moitié des forêts tropicales restantes sur Terre. Leur préservation conditionne la régulation du climat mondial, la stabilité des écosystèmes et la survie de millions de communautés.


Un appel à une justice climatique réelle

Le Gabon, reconnu pour ses efforts en matière de gestion durable des forêts et de réduction des émissions, plaide désormais pour une réforme structurelle du financement climatique.

« Le Gabon ne vient pas demander, mais plaider pour un changement transformationnel », a insisté Mays Mouissi.

Selon lui, les efforts souverains des pays africains sont réels, mais insuffisamment soutenus :

« Les pays en développement agissent, mais ils se heurtent à une architecture financière mondiale inadaptée. »

Le ministre a ainsi proposé la reconnaissance des forêts tropicales comme bien public mondial, ouvrant la voie à leur rémunération juste et effective à travers les mécanismes carbone et biodiversité.
Il a aussi appelé à mobiliser le capital privé et à sécuriser les investissements verts, pour faire du climat une opportunité économique durable.


Vers un multilatéralisme climatique renouvelé

À Belém, Mays Mouissi a salué l’initiative Tropical Forest Forever Framework (TFFF), portée par la présidence brésilienne et la coalition United for Our Forests, qui unit les trois grands bassins tropicaux autour d’un même engagement : protéger, valoriser et restaurer les forêts.

Mais il a aussi rappelé que la lutte climatique ne se limite pas aux arbres :

« La transition énergétique doit s’accélérer grâce à des instruments adaptés et des incitations positives, afin de garantir un accès équitable à l’énergie propre. »

Et de conclure :

« Ici, au cœur de la plus grande forêt tropicale du monde, nous avons l’occasion d’écrire une nouvelle page de l’histoire climatique. Nous devons bâtir un multilatéralisme nouveau, juste et efficace, faisant de Belém le point de départ d’un ordre climatique équitable et durable. »


COP30 : un moment décisif pour l’avenir du climat

Du 10 au 21 novembre 2025, la COP30 doit permettre aux États de mettre à jour leurs engagements climatiques et de renforcer les financements internationaux.
Située en Amazonie, elle incarne l’urgence d’une action globale et la nécessité d’une solidarité réelle entre le Nord et le Sud.

Mais les défis restent nombreux : retards dans les plans nationaux, manque de confiance entre les États, et lenteur des mécanismes de financement.


À Belém, le Gabon rappelle au monde que protéger les forêts, c’est protéger le climat et les peuples qui en dépendent.

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