Protocole de Nagoya : l’AGADEV au cœur de la gouvernance de la biodiversité gabonaise

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Le Gabon franchit une nouvelle étape dans la structuration de sa gouvernance environnementale. Par décision officielle, l’Agence Gabonaise de Développement de l’Économie Verte (AGADEV) a été désignée Autorité nationale compétente pour la mise en œuvre du Protocole de Nagoya, un instrument international clé encadrant l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages issus de leur exploitation.

Cette désignation confère à l’AGADEV un rôle stratégique dans la régulation de l’utilisation de la biodiversité gabonaise, l’une des plus riches et des mieux préservées du bassin du Congo. Elle traduit également la volonté des autorités de mieux protéger les savoirs traditionnels des communautés locales, souvent au cœur des usages pharmaceutiques, cosmétiques et agro-industriels.

Un cadre pour sécuriser l’accès aux ressources génétiques

Concrètement, l’AGADEV sera chargée d’encadrer les procédures d’accès aux ressources génétiques, de veiller au respect du consentement préalable donné en connaissance de cause, et d’assurer que les bénéfices générés par leur utilisation soient équitablement partagés entre l’État, les communautés concernées et les autres parties prenantes.

Dans un contexte où la recherche scientifique et les industries du vivant suscitent un intérêt croissant pour les ressources naturelles africaines, ce cadre apparaît comme un outil de souveraineté environnementale, destiné à éviter toute exploitation non encadrée ou asymétrique.

Une opportunité économique autant qu’environnementale

Pour l’AGADEV, le Protocole de Nagoya ne doit pas être perçu comme un frein, mais comme un levier. En sécurisant les règles du jeu, le Gabon ambitionne d’attirer des investissements responsables dans des secteurs à forte valeur ajoutée, tout en garantissant la durabilité de son capital naturel.

« Il s’agit de structurer une exploitation responsable de notre biodiversité, au bénéfice des générations actuelles et futures », a rappelé sa Directrice générale, soulignant la dimension intergénérationnelle de cette démarche.

Vers un dialogue renforcé avec les acteurs locaux

La mise en œuvre effective du Protocole reposera toutefois sur la capacité de l’AGADEV à instaurer un dialogue inclusif avec les chercheurs, les entreprises, les institutions publiques et surtout les communautés locales, premières détentrices des savoirs traditionnels.

À terme, cette désignation pourrait positionner le Gabon comme référence régionale en matière de valorisation durable de la biodiversité, conciliant protection des écosystèmes, équité sociale et développement économique.

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