Parce que la transition écologique ne peut se construire sans l’implication des jeunes, le Gabon mise de plus en plus sur l’éducation environnementale, l’innovation verte et l’engagement citoyen. Des salles de classe aux quartiers, des ONG aux startups, un écosystème se structure pour répondre aux défis climatiques tout en améliorant les conditions de vie des populations.
« Former la jeunesse aujourd’hui, c’est garantir la protection de l’environnement gabonais demain. »
L’école gabonaise, socle de l’écocitoyenneté
Depuis 2024, l’éducation environnementale est officiellement intégrée aux programmes de l’école primaire. Une réforme portée par le ministère de l’Éducation nationale, qui vise à ancrer dès le plus jeune âge les bons réflexes liés à la protection de la nature, à la gestion des déchets et à la lutte contre le changement climatique.
Cette évolution s’inscrit dans la continuité des initiatives de la société civile. PACJA Gabon, par exemple, a mobilisé plus de 200 élèves entre 2021 et 2022 à travers des clubs verts, des ateliers pédagogiques, des plantations d’arbres fruitiers et des activités de recyclage dans plusieurs établissements.
Des actions concrètes qui sensibilisent tout en impliquant directement les élèves dans la préservation de leur environnement immédiat.
Une jeunesse gabonaise mobilisée sur le terrain
Sur le terrain associatif, le Réseau Gabonais pour l’Environnement et le Développement Durable (RGEDD) joue un rôle central. Fondée par des jeunes gabonais, l’organisation multiplie les actions de sensibilisation à travers des programmes comme Mon Éco-École, Mon Quartier Propre, LBV Plages Propres ou encore Miss Environnement.
Forums citoyens, Cafés verts, randonnées écologiques : ces initiatives créent des espaces de dialogue intergénérationnels et renforcent l’engagement communautaire autour des enjeux climatiques et sanitaires.
Autre acteur clé, Muyissi Environnement, ONG communautaire active depuis 2020, alerte sur les impacts environnementaux et sociaux de certaines plantations industrielles de palmiers à huile. Pollution des sols, conflits fonciers, pressions sur les communautés rurales : l’organisation agit aussi pour l’autonomisation des femmes, via des formations à la transformation de produits locaux et des campagnes de sensibilisation.
Startups vertes : quand l’innovation répond aux besoins locaux
La transition écologique gabonaise s’appuie également sur l’entrepreneuriat vert. Grâce au concours Startupper de TotalEnergies, plusieurs projets portés par de jeunes Gabonais ont vu le jour :
- REVADAC : transformation des déchets plastiques et du verre en pavés et parpaings, contribuant à la réduction de la pollution urbaine.
- Solar System & Services : déploiement de mini-réseaux solaires en zones rurales, améliorant l’accès à l’électricité et à l’eau potable.
- Biochar “Made in Gabon” : production de bio-charbon depuis 5 ans, à partir de déchets biodégradables, pour limiter la pression sur les forêts.
Ces initiatives conjuguent protection de l’environnement, création d’emplois et amélioration du quotidien des populations.
Former les compétences vertes de demain
Pour accompagner cette dynamique, l’incubateur AKEWA a déjà formé une centaine de jeunes dans la province du Haut-Ogooué aux métiers des énergies renouvelables : installation de panneaux solaires, électricité domestique, maintenance des systèmes.
Un levier essentiel pour préparer une main-d’œuvre locale qualifiée, capable de répondre aux besoins croissants du pays en matière d’énergie propre.
Un enjeu d’avenir pour le Gabon
À travers l’éducation, l’engagement associatif et l’innovation, la jeunesse gabonaise s’impose comme un acteur central de la transition écologique. Pour Eco-Gabon, ces initiatives montrent qu’agir pour l’environnement, c’est aussi renforcer la résilience des communautés, préserver les ressources naturelles et préparer un développement durable adapté aux réalités locales.
Le défi climatique est immense, mais au Gabon, la relève est déjà en marche.


