Sur les rives du Komo, à quelques mètres des pirogues colorées et des filets suspendus, la mangrove respire difficilement. Ses racines, qui autrefois accueillaient crabes et poissons juvéniles, sont aujourd’hui prisonnières d’un enchevêtrement de bouteilles, de sachets et de déchets plastiques. Ce plastique, pourtant jeté à des kilomètres de là, a trouvé le chemin de la mer.
Le voyage invisible du plastique

Tout commence dans nos rues. Une bouteille vide abandonnée près d’un kiosque, un sachet envolé d’un marché… La pluie emporte ces déchets vers les caniveaux, puis vers les rivières. Et quand la marée monte, elle les ramène doucement vers la mangrove, ce filtre naturel de notre littoral.
Résultat : des forêts denses piégées sous des couches de plastique, des crabes étouffés, et des pêcheurs qui voient leurs prises diminuer.
Un danger silencieux
La mangrove n’est pas un simple décor. Elle protège Libreville des inondations, absorbe du CO₂ et sert de nurserie à une grande partie des poissons de nos côtes. Chaque sac plastique coincé dans ses racines, c’est un peu d’air propre et de sécurité côtière en moins pour tous.
Ce que chacun peut faire
- Réduire : refuser les sachets plastiques à usage unique, préférer les paniers ou sacs en tissu.
- Ramasser : participer aux opérations locales de nettoyage, souvent organisées par des associations écologiques.
- Sensibiliser : expliquer à nos proches que le plastique jeté “loin de la mer” finit toujours par y arriver.
Parce qu’au fond, protéger la mangrove, c’est protéger Libreville elle-même.


